Vous connaissez tous la devise : « Aller vite et casser des choses ». Facebook l’a rendue célèbre. Mais en fait, Mark a commis l’erreur de la dire à haute voix et de l’écrire sur ses posters corporate. Petite précision, avec Mark, nous ne nous tutoyons pas. 
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Mais tutoyer nos dirigeants peut nous rappeler que le leadership est une pratique d’humains imparfaits dirigeant d’autres humains imparfaits. C’est pour cela que c’est si dur. Salut, Elon, tout roule ? 
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« Aller vite et casser des choses » reste une croyance que nous pouvons soit progresser, soit prendre soin l’un de l’autre, que c’est mutuellement exclusif. Qu’un certain volume de casse est le prix à payer pour inventer l’avenir. 
Avec mon épouse, j’ai passé les dernières années à aider les entreprises 
à nettoyer cette casse. Et une des principales leçons de notre travail est que le compromis au cœur de cette vision du monde est erroné. Les dirigeants les plus efficaces que nous connaissons résolvent les problèmes à une cadence rapide et sont responsables de la réussite et du bien-être de leurs clients, de leurs employés et de leurs actionnaires. Ils agissent vite et règlent les problèmes. 
(Applaudissements) 
Le fruit de notre travail ressemble à un script pour régler les problèmes rapidement, que ce soit une culture d’entreprise déficiente ou une amitié qui bat de l’aile. Aujourd’hui, je vous invite à tester ce script pendant une semaine imaginaire. 
Je vais donc vous proposer un agenda pour chaque jour de la semaine, lundi, mardi, mercredi. Vous voyez où je veux en venir. Reprenez cet agenda chez vous et testez-le pour constater vos progrès. Est-ce raisonnable ? Bien. Je vois certains opiner, merci. 
Pensez d’abord à un problème que vous avez actuellement et qui associe au moins une autre personne, vos enfants, vos co-fondateurs, vos clients, que sais-je. Dans cette semaine imaginaire, nous sommes lundi matin. Le lundi matin a une sale réputation, mais c’est en fait un don pour se renouveler qui revient une fois tous les sept jours. 
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Lundi, notre mission consiste à déterminer quel est notre véritable problème. Ce pourrait ne pas être le problème que l’on pensait avoir, il y a une minute. Car, le piège est que, en tant qu’être humain, on a tendance à être trop confiant dans la qualité de nos pensées. Surtout quand il s’agit de poser un diagnostic sur nos problèmes. « Mes investisseurs ne comprennent pas. » *« Mes employés de la génération Z se croient tout permis ». « Mon chien est furieux contre moi. » Déterminons si vous avez raison. Votre meilleur allié du jour, c’est votre curiosité. Transformons le diagnostic de départ : « La génération Z se croit tout permis » en une question, afin de s’éloigner du constat. « Que se passe-t-il avec mes employés de la génération Z ? » L’étape suivante paraît évidente mais c’est surprenant combien peu fréquemment on la met en œuvre. Parlons directement aux autres personnes qui ont un enjeu dans le problème. Posons des questions que l’on ne pose pas spontanément en bonne compagnie, des choses qui requièrent un peu de courage de notre part. 
Quand je regarde autour de moi et je suis un sans doute un peu arrogante, mais je pense que cela va être difficile pour certains d’entre vous. Je comprends, moi aussi, ma famille est très WASP. Nous avons trois sujets de conversation acceptés : les animaux domestiques, le temps et Jean-Pierre Pernaut, allez savoir pourquoi. 
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Mais il arrive qu’une seule conversation courageuse puisse mettre à découvert une nouvelle structure du problème. Vous pourriez découvrir, par exemple, que vous avez un rôle dans l’existence du problème que vous souhaitez résoudre. Ce n’est peut-être pas la génération Z qui se croit tout permis, mais vous. En les épuisant et en les payant moins que ce qu’ils méritent, parce que c’est le contrat de travail pourri que vous avez enduré à leur âge. 
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Je lance une idée au hasard. 
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Mais je sais avec certitude que, quoi que vous appreniez, vous serez plus proche de la compréhension de ce qui entrave votre relation, l’organisation, ou la vie à laquelle vous aspirez. Bien, voilà une très bonne première journée. Reposons-nous. 
Mardi. Mardi, notre boulot consiste à monter avec sagacité une expérience sur comment résoudre notre problème. On commence par un plan suffisamment bon pour renforcer notre relation. Un plan suffisamment bon n’est pas un plan parfait. Un plan parfait est hors d’atteinte, c’est une créature fantastique qu’on n’a jamais vue dans la nature. On a tendance à réfléchir aux problèmes sous l’angle de la confiance. Alors, une astuce efficace le mardi est de penser quoi faire le lendemain pour développer plus de confiance qu’aujourd’hui. Une équipe que nous accompagnions a décidé de cesser de s’envoyer des SMS sur les uns et les autres pendant les réunions. 
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Une autre personne décida que l’heure était venue de faire son mea culpa avec ses co-fondateurs et de quitter l’entreprise. Un autre dirigeant décida qu’il était temps de prendre ses responsabilités vis-à-vis du mal non-intentionnel causé par un produit qu’il avait conçu. 
Votre plan suffisamment bon sera-t-il efficace ? Sans doute pas. Statistiquement, pas au premier coup. Voilà pourquoi vous avez une semaine. Mais aussi pour commettre les erreurs inévitables et inéluctables. Le but du mardi n’est pas de réussir. Le but du mardi, c’est apprendre. C’est entrer sur le terrain de notre vie et de nous autoriser à jouer. Bien, nous pouvons boire le cocktail de notre choix, on l’a bien mérité. 
Mercredi arrive. Mercredi, votre job consiste à faire une chose que l’on n’aime généralement pas faire quand on est adulte : faire des amis. Mais la recherche est formelle. Quel que soit le problème qu’on essaie de résoudre, on sera meilleur pour le résoudre avec des personnes qui ne pensent pas comme nous. On a tous souvent entendu cela, j’en suis consciente. Mais aujourd’hui, vous la mettez en pratique. Décrivez votre plan suffisamment bon, celui auquel vous avez pensé hier, à quelqu’un dont l’expérience de vie est matériellement différente de la vôtre. Vous êtes dans votre entreprise depuis 10 ans ? Parlez à quelqu’un qui vient de commencer. Vous êtes un associé blanc ? Parlez à un associé noir. Vous êtes queer, comme moi ? Parlez à la personne la plus hétéro que vous trouvez. 
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Contrairement à ce que l’on nous dit récemment, ils sont partout ! 
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Et quand vous avez parlé, allez parler avec une autre personne, différente de vous, sur d’autres dimensions magnifiques de l’expérience humaine. Cela va vous prendre la journée et certains seront surpris de découvrir que le mercredi est leur journée favorite. À la fin de la journée, vous sourirez, et votre plan suffisamment bon va devenir un meilleur plan. 
Bien, nous sommes jeudi matin. Jeudi, plus rien ne vous arrête. Jeudi, c’est la journée pour relater un récit. Les humains ont besoin d’histoire pour donner du sens au changement, pour trouver leur place dans le scénario. Les récits mobilisent toutes les personnes qui nous entourent et dont on a besoin pour créer ce changement. Les récits ont trois parties : le passé, le présent et l’avenir. On a tendance à oublier le passé dans les moments de transformation. 
On a accompagné Uber un moment quand l’entreprise a traversé sa fameuse crise de leadership. Et lorsque le nouveau PDG est arrivé et qu’il organisa sa réunion plénière, il s’engagea à cultiver l’avantage qui avait fait d’Uber une force de la nature. Ce passage fut accueilli par une ovation. Des applaudissements de soulagement. Le nouveau PDG s’est aussi levé pour applaudir son prédécesseur, qui était dans la salle ce jour-là. Je fus profondément marquée par l’élégance de son choix. 
C’est le mot que je vous invite à apporter dans votre récit. Certes, Uber a des problèmes épineux à résoudre, c’est dans tous les journaux. Mais ce jour-là, les participants ont construit quelque chose d’extraordinaire et ils avaient beaucoup à perdre dans un avenir incertain. Au lieu de se présenter comme le sauveur de l’entreprise, le nouveau PDG a rendu hommage à une vérité complexe. 
Rendre hommage à la vérité complexe de notre entourage, de ceux et celles qui hésitent sur vos grands projets. Ensuite, dites-leur pourquoi vous voulez changer la situation. Enfin, parlez-leur de l’avenir dans un langage précis et vivant. Dites-leur ce que cela fera de vivre la réalité de votre récit. 
Bien, nous sommes vendredi. C’est vendredi et on a presque fini, promis. La récompense du vendredi, la récompense d’une semaine de dur labeur, c’est de pouvoir agir vite, car le risque de faire de la casse est beaucoup plus faible. Mettez en place que ce vous avez décidé durant la semaine, et faites-le avec un sentiment d’urgence. L’urgence libère l’énergie dans le système. Cela rend manifeste aux yeux de tous que vous êtes sérieux. Quel que soit l’obstacle administratif, quel que soit le processus stérile qui vous empêche d’agir aujourd’hui, retirez-le, refusez de tolérer ça. 
On nous demande constamment quel est le meilleur moment pour le changement. Et notre réponse est presque toujours la même. Pourquoi pas maintenant ? Maintenant, ça a l’air bien. Agissez maintenant, et apprenez de ce qui survient par la suite. À la fin de la journée, à la fin de cette semaine, votre meilleur plan a une chance d’être un super plan. 
Voilà, c’est tout. C’est votre semaine. Félicitations, vous avez réussi, et alors que vous vous reposez et ressourcez - c’est important - je vous laisse avec une dernière pensée. 
J’accompagne en permanence des dirigeants pour changer et évoluer. Aucun ne m’a jamais dit : « J’aurais tant aimé avoir pris plus de temps et fait moins. » 
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Au contraire, j’entends l’inverse encore et encore. Je vous invite donc à vous entraîner. Vous entraîner nécessite moins de temps pour faire davantage de choses qui renforceront vos relations, vos équipes et votre organisation. Et sincèrement, vous avez ma bénédiction pour concrétiser tout cela en plus d’une semaine. Mais ce que je ne veux pas, c’est que cela prennent des mois ou des années, qui est notre ligne du temps par défaut pour résoudre des problèmes épineux. La plupart de nos problèmes méritent qu’on leur accorde une réaction urgente. Ils méritent un taux métabolique qui fait honneur à la frustration, à la médiocrité et à la douleur ressenties par certains devant le statu quo. Merci. 
(Rires) (Applaudissements) 
Que vous vous appeliez Mark, Elon ou Chris - merci pour votre accueil - ou Anne, soyez curieux de ce qui survient après, quand on agit vite, règle les choses et décide que le moment le plus important, c’est maintenant. 
(Applaudissements) (Encouragements) 
