Quand j’étais en dernière année de fac, en 2004, j’avais un cours où l’enseignant lisait son diaporama mot pour mot pendant un cours de trois heures. 
Oh, vous comprenez ? (Rires) 
Au final, j’ai réussi à m’en sortir grâce à ma méthode d’apprentissage. 
Après avoir testé quelques méthodes, je me suis rendu compte  que jouer pendant ce cours à un jeu vidéo comme Tetris, par exemple, ou dans ce cas précis « Zelda: The Minish Cap » m’aidait à me concentrer car ma manière d’apprendre, c’est d’écouter. Alors, écouter le professeur et lire le texte, en même temps, me déconcentrait. Bref, j’écoutais, au fond de la salle, et je participais au cours, néanmoins. Mais un jour, le professeur a décidé de m’interpeller. Il a interrompu son cours et m’a dit : « Hé ! Vous jouez à des jeux vidéo pendant mon cours ? » Et j’ai répondu : « Oui, monsieur mais c’est comme ça que j’apprends. » Il ajoute : « Impossible que tu apprennes quoi que ce soit » Je lui réponds : « Monsieur, je ne dérange personne. J’écoute et je participe même au cours. » 
Il réplique : « Ne joue pas à des jeux vidéo pendant mon cours. » 
Je continue : « Monsieur... » 
(Rires) 
Donc, je réponds : « Monsieur, 
je vais poser ma Game Boy Advance sur la table répéter exactement  vos deux dernières phrases, puis, je vais recommencer à jouer. » 
Il rétorque : « Impossible que vous y arriviez. » 
On entend dans la classe... 
(Rires) 
C’est bon, vous imaginez la scène ? Donc, j’ai posé ma Game Boy Advance sur ma table, je l’ai regardé droit dans les yeux, j’ai répété exactement ses deux dernières phrases, puis, j’ai recommencé à jouer. 
(Rires) 
Vous savez ce qu’il a dit ? « Ok, continuez. » 
(Rires) 
Maintenant, je suis enseignant spécialisé dans la création de jeux vidéos. Et je suis persuadé que le monde universitaire pourrait tirer quelque chose des jeux vidéo. Par exemple, la manière dont  ils aident les personnes à apprendre, comment ils améliorent  l’enseignement en ligne, et comment ils indiquent des objectifs précis. Je m’explique. 
Les êtres humains peuvent traiter l’information de trois manières : par le son, par l’écrit et par la vidéo. Comme j’ai illustré précédemment, j’apprends en écoutant, ce qui signifie que je préfère  traiter l’information par le son. Des études ont prouvé qu’utiliser au moins deux de ces moyens, améliore l’apprentissage mais, il y a un piège. J’avais du mal à me concentrer lors de ce cours à cause de cette prétendue surcharge cognitive, qui arrive quand un son, un texte et une vidéo n’ont pas assez d’écarts lorsqu’ils sont utilisés ensemble Donc, quand mon professeur lisait le lot de texte de son diaporama, mon cerveau surchauffait. Il est important que les enseignants s’assure de la complémentarité de leurs outils d’enseignement. Sinon, les étudiants éprouveront des difficultés à transférer l’information de leur mémoire de travail à celle à long terme. 
Dans mon cas, j’ai réglé le problème en utilisant la voix de mon professeur comme musique de fond  pour le jeu vidéo que je jouais. Ce qui m’amène à ma première découverte : Les jeux vidéo sont intrinsèquement un mélange complexe de son, de texte, de vidéo et d’interactivité  qui peuvent augmenter la concentration. C’était mon sujet de thèse. 
(Rires) 
Et grâce au plaisir d’y jouer, les jeux vidéo peuvent aider les étudiants à obtenir ce qu’ils ont vraiment besoin lors des cours : la motivation. 
Les meilleurs jeux vidéo peuvent nous plonger dans leur monde, capter notre attention, et nous donner des objectifs précis qui produiront un résultat visible. On sait comment on s’en sort pendant tout le processus. Les jeux vidéo peuvent aussi enseigner plusieurs choses à la fois. Par exemple, Je donne des cours de création de jeux vidéo et mon support de cours est le jeu vidéo « Virginia ». Dans ce jeu,  le joueur incarne Anne Tarver, une nouvelle recrue du FBI dont l’une des missions est de mener une enquête en interne sur la seule autre femme agent du FBI de la circonscription. Ce jeu est basé sur une histoire vraie. Alors, en théorie, j’utilise Virginia pour enseigner comment créer un jeu vidéo mais, en pratique, je me sers des mécanismes des jeux vidéo, pour amener mes étudiants à explorer des concepts complexes, comme l’histoire, le sexisme, le racisme, la culture d’entreprise et le tokénisme, quand nous jouons à ce jeu ensemble. 
À mes yeux, un bon enseignement sait combiner la théorie et la pratique. Chaque semaine de cours, je choisis un jeu particulier qui illustre mes propos théoriques et qui amène mes étudiants à tirer des leçons de vie. Nous jouons à ce jeu ensemble et nous partageons nos impressions, puis, les étudiants vont créer leur propre jeu vidéo. Et tout ça se passe... en ligne. 
(Rires) 
Et vous savez quoi ? La Covid a poussé d’autres enseignants à faire la même chose et c’était un vrai défi. Mais il y a plein d’exemples de formation en ligne efficace, caché dans des streams YouTube, sur Netflix, et même sur Twitch affilié à Amazon. 
Je pense que vous savez déjà que Twitch est une plateforme de streaming où il est possible de regarder des gens jouer à des jeux vidéo mais la plateforme sert aussi  à apprendre à peindre avec Ergo Josh, à jouer du piano avec Juanorpiano, à coder avec RothioTome et même à cuisiner avec yarumichan. Eh oui ! 
(Rires) 
En 2021, Twitch cumulait environ 2,78 millions de spectateurs simultanés. Ça fait beaucoup de personnes prêtes à apprendre. 
Un des cours que je préfère enseigner est le cours de diffusion de jeux vidéo. J’utilise les jeux vidéo pour apprendre à mes élèves à se donner une image professionnelle en ligne grâce au logiciel gratuit Open Broadcaster Software - OBS. Je leur apprends à connecter leur caméra au logiciel, à ajuster l’équilibre des blancs, 
(Rires) 
à corriger les couleurs pour rendre l’image vibrante, 
(Rires) 
à utiliser du texte à l’écran  pour aller avec la vidéo, 
(Rires) et à compresser leur microphone afin d’avoir un son et une apparence aussi bien que ce qu’ils ont l’habitude de voir en ligne. Et les méthodes utilisées pour attirer des vues sur Twitch devraient être mises en place dans les écoles pour pouvoir impliquer les étudiants, en ligne et dans le monde. Ça devrait être une priorité, non ? 
(Rires) 
Attendez. C’est quoi le but des études supérieures ? Et qu’est-ce-que notre système d’éducation pourrait tirer des jeux vidéo ? Ils indiquent clairement : commencez ici, faites ceci, et vous aurez cela. Si le but des études supérieures est d’amener les étudiants à travailler dans le domaine de leurs études, alors, c’est un échec. Plus de 50 % des diplômés ne travaillent  pas dans leur domaine d’études. C’est un peu comme suivre une formation de chef cuisinier et une fois diplômé, travailler dans l’analyse de données. Pourquoi pas étudier ça directement ? C’est pourtant possible. Grow with Google offre une formation à distance, qui garantie un emploi d’analyste de données pour un salaire de 74 000 dollars l’année. En plus, ce cours a un essai gratuit. Epic Games forme des développeurs grâce à leur outil de développement  interactif 3D, Unreal Engine. D’après eux, ce domaine a connu une hausse de 601 %, et les salaires y sont 57 % plus élevés que le salaire moyen. Pour information, Unreal Engine est l’outil sur lequel est basé Fortnite, et également l’outil qui a permis de créer quelques décors pour la série « The Mandalorian ». Sans frais. Vous voyez toutes ces possibilités d’apprentissage presque gratuites ? 
(Rires) 
À l’université, c’est plus cher. Le coût pour y étudier a augmenté de 1 200 % depuis 1980. (Rires) Selon moi, il n’y a aucun emploi, domaine ou filière qui ne se rapporte pas  à l’industrie du jeu vidéo. Certains dentistes,  comme le Dr August de Oliveira, utilisent la réalité augmentée pour voir les racines des dents du patient pendant qu’ils font leur travail. Les psychologues combattent  l’arachnophobie avec la réalité virtuelle, et les techniciens audiovisuels filment en direct un dragon en train de survoler un stade pendant une diffusion télévisée d’E-sports de League of Legends. Tous ces métiers exploitent des technologies liées aux jeux vidéo. Ça signifie que l’industrie du jeu vidéo n’est pas composée uniquement de joueurs, mais des personnes comme vous. 
Je ne dis pas que les jeux vidéo devraient remplacer les cours de classe. On se calme. 
(Rires) 
Je me bats pour que les mécaniques des jeux vidéo, surtout les plus intéressantes, soient utilisées dans l’enseignement parce que les étudiants connaissent parfaitement ce média. Il y a environ trois milliards de joueurs de jeux vidéo dans le monde. Les jeux sont la clé du succès d’une éducation engageante grâce à leur adaptation aux méthodes d’apprentissage, à leurs histoires complexes entremêlées de pédagogie et à leur apport en intelligence artificielle pour l’équilibre de la difficulté. La formation en ligne pourrait être améliorée si les écoles se servent des plus grandes plateformes de streaming et des streamers pour apprendre à faire intégrer davantage les étudiants. Les objectifs des enseignements devraient être aussi spécifiques que ceux des jeux pour que les futurs étudiants puissent savoir exactement où ils vont. On aura fait notre travail lorsqu’on aura montré à nos étudiants que leur passion pour les jeux peut les aider dans leurs études. Les futurs enseignants seront en même de relier les études à la profession, grâce à la passion. 
Une dernière chose concernant les jeux vidéo. Une étude menée en 2022 suggère que jouer aux jeux vidéo augmente la cognition, le temps de réaction, la mémoire de travail, et modifie les réseaux corticaux associés au processus de jeu. Et ça... C’est ce que j’aurais dû dire à mon professeur. 
- (Rires) - Merci. 
(Applaudissements et acclamations) 
