Tout le monde dit que vous devez vous préparer à la retraite financièrement. Et bien sûr, vous devez le faire. Mais ce qu’on ne vous dit pas, c’est que vous devez aussi vous préparer se préparer psychologiquement. Qui l’aurait cru ? Mais c’est important pour plusieurs raisons. Premièrement, 10 000 Nord-Américains vont prendre leur retraite aujourd’hui et chaque jour au cours des 10 à 15 prochaines années. Il s’agit d’un tsunami de retraités. Et quand ces gens s’écraseront sur la plage, beaucoup d’entre eux vont se sentir comme des poissons hors de l’eau, sans la moindre idée de ce qui les attend. Deuxièmement, c’est important parce qu’il y a de grandes chances que vous viviez un tiers de votre vie à la retraite. Il est donc important que vous sachiez qu’il y aura des changements psychologiques importants et des défis qui y sont liés. 
Je fais partie d’un groupe de marche qui  se réunit tôt, trois matins par semaine. Notre objectif principal est de mettre 10 000 pas sur nos Fitbit, ensuite nous prenons un café et  surtout des brioches à la cannelle. 
(Rires et applaudissements) 
Donc nous avons pris l’habitude,  en marchant, nous avons pris l’habitude de choisir un sujet de discussion. Un matin, le sujet fut : « Comment profiter à fond de sa retraite ? » Pas mal, aussi tôt dans la journée ? 
(Rires) 
Donc nous marchons et nous parlons, et le lendemain, nous passons à un autre sujet. Mais la question est restée en moi parce que j’avais vraiment quelques difficultés avec la retraite. J’étais assez occupé, mais je n’avais pas vraiment  l’impression que je faisais grand-chose de significatif ou d’important. J’avais vraiment du mal. Je pensais avoir une bonne idée  de ce à quoi ressemblait le succès dans une carrière professionnelle, mais quand il s’agissait de la retraite,  c’était plus flou pour moi. J’ai donc décidé de creuser davantage. Ce que j’ai découvert, c’est que la plupart des documents sur la retraite se concentrent sur l’aspect financier et/ou immobilier. Et bien sûr, les deux sont importants, mais ce n’était pas ce que je recherchais. Donc j’ai interviewé des dizaines et des dizaines de retraités et je leur ai posé la question : « Comment profiter à fond de sa retraite ? » Ce que j’ai découvert, c’est qu’il existe un cadre qui peut aider à donner un sens à tout cela. Et c’est ce que je veux partager  avec vous aujourd’hui. 
Vous voyez, il y a quatre  phases distinctes que la plupart d’entre nous  traversent à la retraite. Et comme vous allez le voir, ce n’est pas  toujours une promenade de santé. Dans les prochaines minutes, vous reconnaîtrez dans quelle phase vous êtes, si vous êtes à la retraite. Et si vous ne l’êtes pas, vous aurez une meilleure idée de ce qui vous attendra lorsque ce moment viendra. Et surtout, vous saurez  qu’il y a une phase quatre. La plus gratifiante, la plus  satisfaisante des quatre phases, et c’est là où vous pouvez  profiter de votre retraite. 
La première phase est celle des vacances, c’est exactement ce à quoi ça ressemble. Vous vous réveillez quand vous voulez, vous faites ce que vous voulez de la journée. Et la meilleure partie est qu’il n’y a pas de routine établie. Pour la plupart, la première  phase représente leur vision d’une retraite idéale. Se détendre, s’amuser au soleil,  la liberté, quoi. 
(Rires) 
Et pour la plupart des gens, la phase 1 dure environ un an. Et puis, bizarrement, elle commence à perdre de son éclat. On commence à s’ennuyer un peu. Notre routine nous manque vraiment. Quelque chose en nous semble en avoir besoin. Et nous nous demandons : « Ce n’est que ça, la retraite ? » 
Maintenant, quand ces pensées et sentiments commencent à surgir, vous êtes déjà passé à la phase 2. La phase 2 est celle où nous ressentons la perte et que nous nous sentons perdus. La phase 2, c’est quand  on subit cinq pertes, des pertes importantes,  toutes associées à la retraite. Nous perdons notre routine. Nous perdons notre sentiment d’identité. Nous perdons beaucoup des relations que nous avions établies au travail. Nous perdons le sens de l’objectif, et pour certaines personnes,  il y a une perte de pouvoir. Nous ne voyons pas ces choses venir. Nous n’avons pas vu ces pertes venir, et parce qu’elles arrivent toutes en même temps, pouf ! c’est fini. C’est traumatisant. La phase 2 est aussi celle où nous sommes face à face avec les trois D : le divorce, la dépression et le déclin, tant physique que mental. Le résultat de tout cela est que nous pouvons nous sentir comme si nous avions été heurté par un bus. Vous voyez, avant de pouvoir apprécier et profiter de certains des aspects positifs associés aux phases 3 et 4, vous allez, dans la phase 2,  ressentir de la peur, de l’anxiété et même de la dépression. C’est comme ça, tout simplement. Alors bouclez votre ceinture,  préparez-vous. 
Heureusement, à un moment donné, la plupart d’entre nous se disent : « Hey, je ne peux pas continuer comme ça. Je ne veux pas passer le reste de ma vie, peut-être 30 ans, à me sentir comme ça. » Et quand ça arrive, nous avons  pris le virage vers la phase 3. La phase 3 est une période  d’essais et d’erreurs. Dans la phase 3, nous nous demandons : « Comment puis-je redonner un sens à ma vie ? Comment puis-je apporter ma contribution ? » La réponse est souvent de faire  des choses que vous aimez faire et que vous faites vraiment bien. Mais la phase 3 peut aussi apporter des déceptions et des échecs. Par exemple, j’ai passé deux ans à siéger au conseil d’administration d’une copropriété jusqu’à ce que je sois fatigué  de me faire crier dessus. 
(Rires) 
Vous voyez, une fois, le conseil a décidé  que nous allions planter des jonquilles plutôt que les traditionnelles marguerites, 
(Rires) 
et on s’est fait engueuler. Allez comprendre. J’ai pensé à l’école de droit, en pensant peut-être à devenir  un auxiliaire juridique. Et puis j’ai suivi un programme  sur la résolution des conflits. Tout cela n’a mené à rien. J’aime écrire. Alors j’ai créé un programme appelé « Commencez vos mémoires ». Ce programme a rencontré un « succès limité ». 
(Rires) 
Ça a été un chemin semé d’embûches pour moi aussi. Et je vous ai dit d’attacher vos ceintures. 
(Rires) 
Bon, je sais que tout ça  peut sembler mauvais. Mais c’est vraiment important de  continuer à essayer et à expérimenter différentes activités qui vous donneront l’envie de vous lever le matin, parce que si vous ne le faites pas, il y a de grandes chances de retomber dans la phase 2, en ayant l’impression d’avoir été heurté par un bus, et ce n’est pas une perspective réjouissante. 
Tout le monde ne passe pas à la phase 4. Mais ceux qui le font sont parmi les personnes les plus heureuses que j’aie jamais rencontrées. La phase 4 est le moment de réinventer et de recâbler. Mais la phase 4 implique également de répondre à des questions difficiles, comme : « Quel est mon but ? », « Quelle est ma mission ? », « Comment puis-je profiter de la retraite ? » Vous voyez, il est important que nous trouvions des activités qui aient du sens pour nous et qui nous donnent un sentiment d’accomplissement. Et mon expérience est qu’il s’agit presque toujours de servir les autres. Peut-être en aidant une association caritative qui vous tient à cœur. Vous serez peut-être comme les vieux foulques. Ouais, ces gens ont pris un stand  sur le marché fermier local et étaient prêts à donner leurs conseils basés sur leurs vastes années d’expérience à tous ceux qui venaient. Ou peut-être serez-vous comme mon ami Bill. J’ai rencontré Bill dans un groupe d’activités pour les plus de 55 ans. L’été, nous golfons, marchons et faisons du vélo ensemble, et l’hiver, nous faisons du curling. Mais Bill pensait que nous devions aussi entretenir notre cerveau. Il croyait qu’il y avait un énorme bassin d’expertise et d’expérience dans notre groupe. Et donc il a approché un certain nombre de personnes et leur a demandé s’ils accepteraient d’enseigner certaines des choses qu’ils aimaient faire. Et presque systématiquement, ils étaient d’accord. Bill lui-même a enseigné deux sessions, une sur iPad et une sur iPhone. Parce que nous étions assez intelligents pour savoir qu’un certain nombre de nos membres avaient reçu ces choses en cadeau à Noël par leurs enfants et qu’ils savaient à peine comment les allumer. 
(Rires) 
La première année, nous avons proposé neuf programmes et 200 personnes se sont inscrites. L’année suivante, ce nombre est passé à 45 programmes avec plus de 700 participants. Et l’année suivante, nous avons proposé plus de 90 programmes et enregistré 2 100 inscriptions. Incroyable. 
(Applaudissements) 
C’était Bill. Nos membres nous ont appris à jouer au bridge et au mahjong. Ils nous ont appris à peindre. Ils nous ont appris à réparer nos vélos. Nous avons donné des cours particuliers et encadré des écoliers locaux. Nous avons mis sur pied des cours d’anglais seconde langue pour les nouveaux arrivants. Nous avions des clubs de lecture, des ciné-clubs, nous avions même quelques clubs de golf. Épuisant, mais exaltant. C’est ce qui est possible dans la phase 4. 
Et vous souvenez-vous des cinq pertes dont nous avons parlé dans la phase 2 ? Perte de notre routine, de notre identité, de nos relations, de notre but et de notre pouvoir. Dans la phase 4, tout est récupéré. C’est magique à voir. Magique. 
Je vous invite donc à profiter de vos vacances dans la première phase. 
(Rires) 
Soyez prêt pour les pertes de la phase 2. Expérimentez et essayez autant de choses différentes que possible dans la phase 3. Et profitez à fond de la retraite dans la phase 4. 
(Applaudissements) 
