Vous vous souvenez quand nous avons dû tous rester à la maison ? L’une des choses positives et inattendues qui sont ressorties de cette période - à part la normalisation des vêtements confortables en public - la preuve - 
(Rires) 
est que mon secteur, l’art numérique et le divertissement immersif, a connu un énorme intérêt. Plus que jamais auparavant, les gens se sont tournés vers leurs écrans pour rechercher des expériences numériques et une connexion en ligne - une connexion sociale dans des espaces en ligne. Nous ne pouvions plus nous voir, alors soudainement, nos vies numériques ont pris une tout autre importance. Cette soudaine demande mondiale a accéléré la recherche et le développement d’un concept autrefois estampillé science-fiction, le métavers. Dans le métavers, nous nous connecterons les uns aux autres sous forme d’avatars. Nous y vivrons, travaillerons et jouerons, créant ainsi une toute nouvelle dimension magique de l'existence. 
(Rires) 
Ça ressemble à un rêve, non ? Techniquement, c’est un cauchemar pour un programmeur. Mais si nous y parvenons, cela deviendra la plus grande expérience de construction d’un monde numérique par une communauté à date. 
Mais nous ne voulons plus rester assis à regarder nos écrans. En tout cas, pas moi. J'aime mon art numérique, mais je veux l’emporter dans le monde réel. Alors, faisons-le. 
Voici le garçon jamais solitaire. Il est assis seul dans un parking abandonné, jusqu’à ce qu’il soit entouré de ses amis virtuels. Et si ces amis virtuels pouvaient me rejoindre ici sur scène ? 
(Acclamations du public) 
Oh, bam ! 
Hey, les gars. Dans l’idéal, nous devrions tous porter des lunettes à réalité augmentée, mais des lunettes prêtes à l’emploi ne sont pas encore au point, mais c'est plutôt cool. Mais comment construire sur cette base ? Quelle est la prochaine étape ? Existe-t-il un moyen pour que les expériences numériques que nous créons enrichissent réellement nos vies physiques ? 
Aujourd’hui, je vais proposer trois piliers qui, selon moi, nous aideront à construire un métavers sain. Commençons par le pilier numéro un : la communauté. En 2010, j'ai vécu une expérience très enrichissante en collaborant avec une bande de génies dans le désert de Pilbara, dans le nord-ouest de l’Australie. Voici les Love Punks. Nous avons décidé de construire un monde numérique d’une manière très analogique. Déguisés, avec de la peinture sur le visage, nous avons construit des décors, puis improvisé à nos histoires. Ce qui m’a époustouflé, c’est à quel point ces jeunes se sont investis dans leurs identités numériques et ce monde numérique, au point de les motiver à venir chaque jour, pendant deux ans, pour apprendre à se dessiner dans la BD et à s'animer dans le jeu vidéo. Les Love Punks ont commencé comme une collaboration avec une communauté d’environ 40 personnes et cinq grands-mères. Il y avait - Les grands-mères étaient les plus sauvages. 
(Rires) 
En Australie, ils ont inspiré une série télévisée et un programme d'enseignement national pour expliquer aux jeunes Australiens comment devenir des Love Punks. 
(Applaudissements) 
Pas mal pour une bande de punks. 
Cette expérience m'a montré combien les mondes numériques peuvent être un super terrain de jeu pour explorer l'identité, apprendre de nouvelles compétences, pratiquer sa créativité et rassembler nos communautés. 
Et cela nous amène au deuxième pilier : la technologie et, plus précisément, l'accès à la technologie. Nous devons faire en sorte que chacun puisse participer à ce futur métavers. À la même époque que Love Punks, j’ai commencé à imaginer comment étendre ces idées de monde numérique dans ma bande dessinée cyberpunk intitulée Nawlz. J'ai imaginé une culture numérique future où les jeunes ont des puces dans la tête leur permettant de projeter leur art et imagination sur une couche numérique partagée qui les recouvre, eux et la ville. Ainsi, ils pourraient sortir en boîte en portant leur mode virtuelle. Ou ils pourraient être poursuivis dans la rue par des tentacules numériques fous plutôt bizarres. Cette culture numérique serait décrite aujourd'hui comme un métavers en réalité augmentée. On n’est pas tous prêts à recevoir une puce dans la tête, mais heureusement, on peut accéder à la réalité augmentée sur un appareil mobile. 
Un jour, j’ai reçu un mystérieux commentaire sur cette BD en ligne. Il était écrit : « On pourrait fabriquer des trucs. » Très mystérieux, donc j’ai cliqué sur le profil : c’était un programmeur en réalité augmentée. 
J’ai donc répondu tout de suite : « Oui ! Fabriquons TOUS les trucs ! » Ce programmeur est désormais mon associé, et nous avons tout augmenté. Des bandes dessinées, des tatouages, des autocollants. Il y a une petite tortue toute mignonne. Les enfants peuvent colorier des cerfs-volants et les faire voler en réalité augmentée. J’ai même piraté l’IA du New York Times. Ça a été plutôt controversé. 
(Rires) 
Beaucoup d'artistes nous ont contactés pour nous demander comment on faisait. On a donc créé des outils pour les aider à augmenter leur travail. Et très vite, on a eu une communauté d’artistes recouvrant le monde avec leur art augmenté. C'était magnifique. J'avais l'impression que ma vision commençait enfin à faire son chemin. Mais jusqu'à présent, toutes les expériences que j’ai partagées étaient autonomes. Et si, par exemple, l’avatar de Love Punk sort en quelque sorte du jeu vidéo et apparaît soudainement dans la rue à vos côtés en réalité augmentée. Ce pont numérique n’existe pas encore. Mais si c'était le cas ? 
Et cela m'amène à mon troisième pilier : la décentralisation. Pour que nous puissions nous déplacer fluidement dans le métavers, il faut que notre art et nos avatars soient décentralisés. Nous ne pouvons pas être dépendants d’une seule plateforme. Désolé, Mark. 
(Rires) 
Et si cette plateforme disparaissait ? Nous ne voulons pas perdre notre art. Les NFT - un autre buzz word ces derniers temps - nous aident à résoudre ce problème. Ce sont des actifs numériques uniques et décentralisés. Ils représentent également une nouvelle économie largement acceptée comme la norme pour l’achat et la vente d’art numérique. Ainsi, non seulement les NFT peuvent passer d'une plateforme à l'autre, mais ils peuvent être vendus et les artistes numériques être payés. Tout cela contribue à faire exister le métavers. 
Récemment, j’ai lancé mon propre métavers, appelé le Sutuverse. Très modeste. Mon premier projet dans le Sutuverse est Neonz. J’ai dessiné des centaines de caractéristiques cyberpunk - des casques de réalité virtuelle, des tatouages faciaux, des antennes. Puis nous avons créé un outil permettant de combiner ces caractéristiques pour générer 10 000 avatars uniques sous forme d’œuvres d’art NFT. Nous avons ensuite mis ces œuvres d’art NFT sur la blockchain écologique Tezos. Des milliers de gens passionnés de cyberpunk les ont collectionnées. Merci. Puis on a connecté notre application de réalité augmentée à cette blockchain pour permettre à notre communauté de devenir leur Neonz en réalité augmentée. Regardez-nous. Nous sommes comme une Tribu Brady cyberpunk. Et attendez que nous ayons des lunettes de réalité augmentée, nous pourrons alors nous voir comme ça, ça sera une sacrée réunion de Neonz. Si vous n’avez pas envie de vous mettre un Neonz sur le visage, c’est cool aussi. Parce que vous pouvez lâcher vos Neonz dans le monde physique. Il y a donc des Neonz dans la neige, des Neonz à la plage, des Neonz flottant au-dessus d’un chat endormi. Si l’esthétique des Neonz ne vous plaît pas, ce n’est pas grave, car vous pourrez bientôt mettre en circulation les œuvres d’art que vous avez créées ou collectionnées. 
J'ai donc l'impression que notre communauté Love Punks et notre communauté Neonz sont totalement prêtes pour cet avenir. Mais comment vous sentez-vous ? 
(Acclamations) 
Êtes-vous prêts pour ce nouveau monde numérique ? 
(Murmures du public) 
Pas sûr ? Eh bien, ce n'est que le début. Vous pourriez déposer une œuvre d’art au coin de la rue pour que votre partenaire la trouve. Vous pourriez réinventer votre jardin avec une chasse au trésor pour vos enfants et leurs copains. Nous pourrions utiliser cet outil pour simplement décorer le monde. Ou nous pourrions l’utiliser pour nous y connecter davantage. C’est cette option qui m’intéresse. Comment utiliser cet outil puissant pour créer un métavers de réalité augmentée qui enrichisse véritablement nos vies ? 
Merci. 
(Applaudissements) 
