On va partir ensemble sur le terrain, on retourne au collège, en cours de chimie. Vous vous souvenez de ceci ? C’est une expérience que nous avons réalisée : de l’eau salée, une batterie et deux crayons. Et vous savez quoi ? La réaction que nous observions alors est centrale pour réagir au changement climatique. Oui, à 14 ans, nous avions déjà la réponse. Aujourd’hui, nous avons les moyens de remplacer les combustibles fossiles avec de l’hydrogène vert. Comment fait-on ? 
L’expérience que je viens d’évoquer s’appelle l’électrolyse de l’eau. C’est une des manières de fabriquer de l’hydrogène. Sur Terre, on trouve l’hydrogène en plus grande quantité dans l’eau. H2O. Et quand on utilise un courant électrique pour séparer l’eau en H et O, on obtient de l’hydrogène vert. L’instrument pour initier cette réaction est appelé un électrolyseur. L’hydrogène a d’autres couleurs que le vert mais alors, il faut des hydrocarbures. Nous ne les évoquerons donc pas aujourd’hui car ils ne font qu’empirer le changement climatique. On parle d’hydrogène vert uniquement, qui est donc 100% propre. Le chemin le plus rapide pour augmenter la production d’hydrogène vert est de fabriquer des électrolyseurs en masse. 
Mais d’abord, pourquoi avoir besoin d’hydrogène vert ? Dans la consommation mondiale énergétique aujourd’hui, l’électricité, des électrons, compte pour seulement 20%. Cela signifie que les 80% restants de notre consommation mondiale prend la forme de molécules. Alors que le monde fait des avancées rapides dans l’électricité verte, nous devrions aussi accorder notre attention aux molécules. Pensez à l’industrie du transport, celui du chauffage et du refroidissement. Elles consomment des molécules. Et oui, on parle principalement d’hydrocarbures : le charbon, le pétrole et le gaz. 
Il ne sera pas possible d’électrifier tous les secteurs d’activité. Voici pourquoi. Prenons d’abord un exemple du secteur industriel : les molécules génèrent la réaction. Pas les électrons. Pour faire de l’acier de façon traditionnelle, on doit d’abord extraire des minerais, ensuite brûler du charbon pour extraire l’oxygène du mélange de fer. Entre 7 et 9 % des émissions mondiales de CO2 proviennent de ce processus. C’est le charbon qui fournit les molécules pour créer la réaction qui va extraire l’oxygène du fer. Les électrons ne peuvent pas faire cela. Par contre, ils peuvent fournir l’énergie pour fabriquer de l’hydrogène. Et ces molécules vertes créeront la réaction, attireront l’oxygène et émettront de l’eau dans le processus. Donc, en changeant le processus, on peut éliminer jusqu’à 95% de nos émissions de CO2. Aujourd’hui, de nombreuses aciéries en Europe sont en train de construire des phases de production basées sur l’hydrogène vert. 
(Applaudissements) 
Ceci n’est qu’un exemple parmi le nombre incalculable de processus industriels, petits ou grands, qui requièrent des molécules. 
Un autre exemple où l’électricité ne peut pas tout couvrir, c’est le poids. Le secteur de l’aviation, par exemple. Un avion de 80 passagers volant avec des batteries est difficilement envisageable. Il faudrait ajouter des batteries pour transporter les batteries. Par contre, les avions propulsés à l’hydrogène, n’émettent pas de CO2. Voici un avion de 26 passagers dont les vols commerciaux devraient démarrer dans 2 ans. Et dès 2026, on aura des avions de 80 passagers. Il s’agit seulement de deux exemples comment mettre fin à notre dépendance aux hydrocarbures. 
Le monde se tourne vers l’hydrogène vert, car il associe efficacement les secteurs difficiles à décarboner à de l’électricité verte. Et un électrolyseur connecté à l’énergie solaire ou éolienne transforme des électrons verts en molécules vertes. L’hydrogène vert transforme notre électricité renouvelable en un moyen de transport de l’énergie extrêmement polyvalent. Aujourd’hui, ces molécules vertes sont déjà utilisées dans des applications diverses. On peut le brûler directement comme un combustible avec zéro émission. On peut aussi le transformer en combustibles dérivés de l’hydrogène tel l’ammoniac vert, le méthanol vert, qui peuvent servir au transport maritime. On peut le stocker durant les saisons sans déperdition d’énergie, comme ici, dans les Alpes. On peut l’utiliser dans une pile à combustible pour générer de l’électricité et émettre de l’eau, comme dans ce village reculé en Malaisie. 
L’hydrogène est une des molécules à l’énergie la plus dense. En masse, il contient trois fois plus d’énergie que le diesel. Alors, vous vous demandez sûrement pourquoi on ne l’utilise pas déjà partout. Auparavant, le prix de l’hydrogène vert était une entrave à l’électricité propre. Mais ce n’est plus le cas. Alors, quel est le défi ? C’est la rapidité, l’échelle et le coût pour produire les équipements qui génèrent l’hydrogène. Heureusement, on travaille déjà pour faire de l’hydrogène vert une réalité. Mais pour que l’hydrogène vert devienne notre source d’énergie demain, sa production doit coûter moins cher que les hydrocarbures. Cela signifie que les électrolyseurs devront être vraiment, vraiment bon marché. 
On a fondé Enapter en 2017, avec ce seul objectif et l’urgence d’agir. Alors, on a choisi un moyen différent que les autres industriels qui développent des électrolyseurs. L’histoire de l’économie nous a montré des approches que l’on peut monter en échelle rapidement et qui réduisent les prix de manière significative. Et la réponse fut simple. Quand on veut diffuser une solution dans le monde aussi rapidement que possible, il faut standardiser, produire en masse une commodité. Un produit facile à fabriquer et à utiliser. Certains pensent qu’on a besoin de machines plus grandes. Mais nous croyons qu’un électrolyseur doit être une commodité standardisée et produite en masse. Un produit qui fabrique de l‘hydrogène partout et pour tous. 
Pour comprendre notre approche, j’utiliserai une image. Jusqu’aux années 80, les ordinateurs « mainframe » représentaient l’avenir de l’informatique. C’était des équipements immenses et complexes conçus pour les entreprises uniquement. Et puis, les PC ont débarqué. Et les gens ont d’abord souri et se sont demandé qui aurait jamais besoin d’un ordinateur si petit. Mais finalement, cela a bouleversé l’industrie. Aujourd’hui, les data centers utilisent des serveurs lames, une technologie des PC. Pourquoi ? Parce que le PC est devenu un produit compact, standardisé et produit en masse. Leur fabrication est bon marché et aisée, et ils peuvent être utilisés dans n’importe quel contexte. Faisons pareil avec l’hydrogène vert. 
Pour cela, Enapter conçoit ses électrolyseurs comme des produits et non des projets. Au centre de nos électrolyseurs, il y un cœur pour l’électrolyse qui génère l’hydrogène. C’est la base de tous nos produits. On fabrique ces pièces centrales et les composants en grande quantité. Alors, plutôt que de construire des électrolyseurs plus grands, on construit des machines compactes que l’on peut coupler pour atteindre la quantité d’hydrogène nécessaire. Nous sommes convaincus qu’il s’agit là du moyen le plus rapide d’augmenter la production d’hydrogène vert et de réduire son prix. 
Et l’étape suivante, ce sera la production de masse. Voici notre campus. Il sera alimenté en énergie renouvelable exclusivement, bien sûr. C’est là que nous allons nous attaquer à la vitesse, à l’échelle et aux coûts. En nous focalisant sur une dimension unique pour le cœur, on peut faire des économies d’échelle impressionnantes et réduire le coût de l’hydrogène vert. 
Car c’est de cela qu’il s’agit : rendre l’hydrogène vert moins cher que les combustibles fossiles. Nous avons les moyens de faire de l’hydrogène vert l’énergie de l’avenir. Il est temps d’écouter l’ado que nous fûmes à 14 ans et ceux qui ont 14 ans aujourd’hui. Notre génération peut saisir la chance unique d’entamer la prochaine révolution industrielle. Nous pouvons approvisionner notre monde en énergie durable, en produisant de l’électricité verte en grande quantité et des vagues de molécules d’hydrogène vert. 
C’est ainsi que nous mettrons fin à l’ère des hydrocarbures. 
Merci. 
(Applaudissements) 
