Je viens d’obtenir  mon diplôme de la faculté où j’ai étudié la science et la  sociologie de l’environnement. Lors d’une de mes semaines de vacances, je suis tombée sur un sujet  qui m’a intéressée et ce n’était pas quelque chose que je devais étudier. Il s’agissait d’une enquête auprès de 10 000 jeunes de 10 pays différents sur leurs ressentis face à la crise climatique. Cette enquête a révélé que 56 % de la génération Z, la génération dont je fais partie et qui est la couche de population  la plus importante du monde, pensent qu’à cause de la crise climatique, l’humanité est fichue. Ça m’a fait un coup. Je venais de passer quatre ans à étudier, en dépensant des milliers de dollars pour ça, j’ai passé un temps fou à l’université et à l’extérieur, et je me suis investie dans des groupes locaux et nationaux mais la plupart de ma génération pense que ça ne sert à rien. 
Si on regarde la façon dont les jeunes parlent de la crise climatique, leur impression de désespoir s’explique. En fait, on est noyés sous les mauvaises nouvelles. Chaque semaine, les gros titres enchaînent de nouvelles catastrophes. “Sans précédent” perd son sens  car chaque jour est sans précédent. Comptez combien de fois par jour vous entendez ces mots. Là, je viens de le dire déjà deux fois. Tout est amplifié sur les réseaux sociaux où il y a un incroyable manque de nuance et un surplus de rhétoriques captivantes. Beaucoup d’entre nous pensent comme moi que si nous partageons ces publications assez de fois, quelqu’un quelque part va enfin  changer les choses. Mais malheureusement, Joe Biden ne vous suit pas sur Instagram, ni vous ni moi, pas encore en tout cas. 
Je fais parti d’un collectif  de 19 personnes appelé EcoTok, et sur les réseaux sociaux, on partage une éducation au climat nuancée par le biais d’infographies, de mèmes, et, vous l’aurez deviné, TikTok, pour un public de plus de quatre millions de gens, essentiellement de la génération Y. 
À travers notre travail, nous avons vu cette tendance. Ce sont des gens qui ont perdu espoir qui nous laissent des commentaires. Des gens qui disent  avoir des crises d’angoisses à cause de la crise climatique. Ou qui ne veulent plus avoir d’enfants de peur d’ajouter à la souffrance. Ou qui ne voient pas l’interêt d’agir alors que les pouvoirs  qui s’opposent à nous sont si forts. 
Notre génération et les plus jeunes doivent surmonter la crise  d’une autre façon qui nous libère du cercle de désespoir qui conduit souvent à l’inaction, parce qu’on ne peut pas  participer au changement si on pense que le changement est impossible. Le négationnisme climatique, colporté depuis des décennies par l’industrie du pétrole, du gaz et autres, a trouvé son rival: le désespoir climatique. Croire que notre planète est perdue, alors pourquoi agir ? Même s’ils sont différents au départ, ils peuvent tout deux paralyser l’action et empêcher le progrès. Certes, ça va mal, mais ce n’est pas fini. 
Comment trouver l’espoir  quand la situation semble désespérée, et communiquer le lien inextricable entre espoir et action ? Pour répondre à ça, laissez-moi vous ramener en mars 2020, pas du tout un premier choix quand on voyage dans le temps. Il nous fallait nous confiner chez nous, les gens ne sortaient plus, ne socialisaient plus, mais le flux de mauvaises nouvelles ne s’était pas arrêté. Je finissais mes études à la maison, et je travaillais en ligne pour soutenir ma cause lorsque je fus atteinte  non seulement de COVID mais aussi de burn out. J’ai commencé à douter  de l’efficacité de mon travail, de ma passion pour l’écologie et de l’objectif des études  que je poursuivais. Je savais que j’avais besoin d’inspiration. En parcourant les réseaux sociaux, j’ai vu qu’un de mes amis  partageait des bonnes nouvelles. J’ai associé ça à l’émergence de vidéos  dansantes qui remontaient le moral sur Tiktok et j’ai créé une série appelée “Succès planétaires de la semaine”. Voici un aperçu d’une de ces vidéos. 
(Musique) 
(Applaudissements) 
Au début, ça avait l’air ridicule. Quel rapport entre la danse et l’action pour le climat ? Et quel intérêt de donner des bonnes nouvelles quand tout va si mal ? 
Puis j’ai reçu  les commentaires des gens. Les gens me disaient que ces vidéos les aidaient à atténuer leurs angoisses, qu’ils avaient hâte de voir  ces videos chaque semaine et que ces vidéos transformaient leurs angoisses en actions. Alors, j’ai continué à en créer. En cherchant  des bonnes nouvelles à partager, je repérais des tendances. Chaque semaine, on s’éloignait des combustibles fossiles Chaque semaine, des terres étaient rendues  aux communautés autochtones et des états implémentaient des standards pour les énergies renouvelables. Je n’ai jamais ignoré  les prévisions scientifiques mais j’étais à l’écoute des bonnes nouvelles difficiles à trouver et d’exemples de travail fructueux sur le terrain. Et dans le même temps, je découvrais une notion que j’avais cherchée depuis longtemps: l’optimisme climatique. 
L’optimisme climatique est une notion  basée sur l’idée que malgré les projections moroses et les enjeux élevés, nous pouvons rendre à notre planète sa santé, et ce faisant, protéger tous ceux qui y vivent. L’optimisme climatique nous donne de l’espoir quand la situation semble désespérée, nous soutient dans notre quête de durabilité, nous stimule dans notre combat contre les combustibles fossiles, nous donne aussi l’énergie de continuer  à nous battre pour nos succès. Virtuellement, la source d’énergie zéro émissions dont personne ne parle. 
En même temps, je réalise que l’optimisme climatique n’est pas pour tout le monde. L’optimisme climatique n’est pas  pour les politiciens qui n’ont pas agi ni pour les sociétés qui cherchent sans cesse le profit aux dépens des gens. Pour eux, le message est clair: écoutez la science et agissez maintenant. Ne laissez plus tomber les citoyens et les gens que vous avez le devoir de servir. Au contraire, l’optimisme climatique est pour ceux d’entre nous ici aujourd’hui qui ont consacré leurs vies au plus grand combat de notre époque. Mais aussi pour les activistes à mi-temps qui font ce qu’ils peuvent,  quand ils le peuvent. Et peut-être particulièrement, pour les communautés marginalisées et les habitants de l’hémisphère Sud qui n’ont franchement pas le temps  de céder au désespoir. 
Le besoin d’optimisme  n’a jamais été aussi pressant. Si nous limitons notre vision à un avenir avec des plateformes pétrolières, des cheminées et de la souffrance, nous limitons nos capacités et fuyons notre devoir d’améliorer le cours de l’humanité. En cherchant le bien et en faisant le bien, nous nous donnons les moyens d’être des agents du bien qui luttent pour l’avenir que nous méritons. L’autre option, abandonner tout espoir, ne fait qu’abandonner le pouvoir aux entités mêmes qui nous ont mis dans ce pétrin. 
Par chance, je ne suis pas seule à animer ce mouvement. Mes amis à Ecotok sont un bon exemple d’horizons et d’expériences divers, et de voix qui s’unissent pour encourager notre génération et la suivante. Voici un exemple de notre travail. 
(Vidéo) Doria Brown: Le Canada bannit six sortes de plastiques Sont concernés les sacs de supermarché, les touillettes, les anneaux porte-boissons, les récipients réutilisables, les pailles et les couverts. Pourvu qu’ils aient mis en place un système pour les gens qui ont vraiment besoin de ces choses mais c’est un pas dans la bonne direction, et je suis ravie. 
G Langhorn : de la désertification  à une végétation abondante, une communauté à Cearà au Brésil a réussi à réhabiliter son paysage grâce à une superbe action collective et le financement de FUNCEME. L’eau s’écoule, les cultures poussent, on peut vraiment voir la différence. 
(Musique) 
Carissa Cabrera : Bonnes Nouvelles bleues ! 
La population de phoques moines est maintenant... de plus de 1500 individus ! 
C’est le plus grand nombre depuis des décennies ! 
Henry Ferland : Bonjour, c’est moi, Trash Boy. 
Chaque fois que je sors, je vois des déchets par terre 
et je déteste ça, alors ramassons-les ! J’ai mon sac, mes gants, alors allons-y. 
Un, deux, trois, quatre, cinq. Et tous ces déchets dans cette grille, aussi. C’est mieux. 
C’est par ces grilles anti-tempête que les déchets finissent dans l’océan et on ne veut pas ça. Il y a déjà plus de 5,25 trillions  de déchets dans nos océans. N’en ajoutons pas. 
(Applaudissements) 
ZB : On n’est pas naïfs. On connait par cœur tous les détails et les données qui montrent l’ampleur  de la crise climatique parce qu’il s’agit de notre avenir. Mais on sait aussi que l’avenir qu’on mérite ne pourra pas se construire s’il est fondé sur la peur et l’angoisse. Il doit se construire avec l’une des seules ressources infinies que nous avons sur cette planète finie : l’espoir. 
Nous choisissons l’optimisme Nous choisissons de lutter pour l’avenir que nous méritons. Et j’espère vous aussi. 
Merci. 
(Applaudissements) 
